Les représentants du patronat très invités par les médias

medefonde.jpgLes chiffres ne mentent pas : les représentants du patronat ont été invités 151 fois, contre 59 fois pour (tous) les syndicats de salariés, dans les émissions d’information des grandes radios généralistes (France Inter, RTL, Europe 1, France Info et RMC) de septembre 2011 à mars 2013, selon une étude publiée par l'observatoire des médias "ACRIMED", information reprise par l'Humanité.

Les salariés, leurs revendications et leurs leaders syndicaux sont quasi absents des médias alors que:
  • => Les plans sociaux se succèdent les uns aux autres,
  • => Des milliers de salariés sont jetés à la rue,
  • => La discussion sur l’ANI se déroule en catimini à l’Assemblée et au Sénat.
Pire : quand ils finissent par arriver dans un studio de radio, "on" n'interroge guère les représentants syndicaux que sur les raisons de leur mouvement, de leur colère, de leur inquiétude.

"On", autrement dit:

  • => Patrick Cohen,
  • => Marc-Olivier Fogiel,
  • => Nicolas Poincaré,
  • => Jean-Michel Aphati.
Et ces journalistes et consorts leur réclament des comptes; à eux les représentants des salariés, et aux salariés !
  • => Des pneus grillés à Goodyear ?
  • => Des CRS bousculés dans une manif ou devant une sous-préfecture ?
  • => Une colère qui s’exprime ?
  • => Des gens désespérés ?

... ce sont, pour les journalistes des grands médias, « des violences »; et même des « violences inexcusables ». « Un état d’esprit belliqueux », de « la menace et de l’intimidation », voire « l’encouragement de la casse et de la violence ».

Pire: les questions aux patrons ne sont jamais posées sur le même registre que les questions posés aux représentants des salariés:
  • => D'un coté on demande au patron d’expliquer sa stratégie,...

  • => De l'autre on demande aux syndicalistes, et aux salariés voués au chômage, de fermer leur bouche et de rester calmes.

Où est donc la violence ? Facile de discuter avec recul, les fesses confortablement calées dans un bon fauteuil, avec un patron, de « la crise » et de la « nécessaire austérité » ! 

Il semble plus difficile aux journalistes des grandes radios généralistes de se confronter à la dure réalité du monde du travail et de l'exploitation de l'homme par l'homme :
  • => Celle de salariés qui subissent une pression quotidienne dans leur entreprise,
  • => Celle des salariés qui se font jeter comme de vulgaires mouchoirs en papier, et devraient en plus s’excuser d’être en colère ?

Pas étonnant alors que la radio qui passe pour une radio "de gauche", c'est à dire prétendument la plus proche des salariés (France inter), voit son audience plonger ! Car c'est littéralement l'envahissement, la colonisation,... par le Medef !

Car, de plus, les chiffres d'ACRIMED ne prennent pas en compte ni les pseudos experts invités, ni les éditorialistes ou chroniqueurs permanents, ni les économistes interrogés, qui sont tous appointés par des officines du Medef ! Même si Jacques Attali et Alain Minc ont été comptabilisés comme représentants du patronat car ils sont seux mêmes dirigeants d'entreprises (le premier est président de Planet Finances, et le second de l'entreprise AM Conseil).

Et, à part cela, il paraît que la "Lutte de classe" n'existerait pas ?

Mais quand demandera-t-on, sur nos antennes privées et publiques, des comptes aux patrons sur les violences exercées contre leurs salariés ? Et sur leurs conséquences ?
Comme dit le site ACRIMED, le Résultat ? C'est une victoire par KO des représentants du patronat !
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