Les salariés dans les médias, c’est pour quand ?
Le regard porté sur les salariés, sur les hommes et les femmes qui produisent les richesses et sont les seuls facteurs de croissance réelle, est tout de même assez singulier dans notre pays.

Ah, certes, on voit des micros et des caméras aux portes des entreprises. Mais c’est pour filmer des larmes ou des bribes de mots de colère. L’émotion, oui, bien sûr, la compassion parfois, mais pas la raison, jamais la raison.

Quand est-ce que, sur les chaînes de télévision, a-t-on vu, que ce soit pour Petroplus, pour PSA, pour Sanofi, ou d’autres entreprises en lutte, et même Alpine, les responsables syndicaux interviewés?

Pourtant les responsables syndicaux avancent partout des propositions, des idées, des alternatives. Ils ont les pieds sur terre (et les mains dans le cambouis). Ils mériteraient d’être interrogés, de la même manière que l’on interroge les patrons.

Quand a-t-on vu de vrais débats contradictoires portant sur le fond, prenant au sérieux les arguments des salariés et de leurs représentants? Jamais !

Tout se passe comme si les fausses évidences patronales ou les truismes du pseudo "réalisme économique" n’avaient seules de la valeur.

Lequel pseudo "réalisme économique" n’est autre qu’un l’alibi. Ceux qui ne veulent surtout pas toucher à ce désordre des choses qui provoque licenciements, baisse des salaires, et délocalisations, en font leur règle de fonctionnement.

Aujourd’hui les idées, la parole, et l’intelligence des travailleurs font l’objet d’une véritable omerta.

Pour ceux qui décident des idées dont on fera écho à la télé, seules les idées des gros actionnaires seraient dignes d’intérêt, alors que ce sont eux dont les choix nous ont conduits dans la crise et qui la renforcent.

On peut remarquer au passage qu’une omerta du même ordre s’applique aussi à tous les économistes qui s’inscrivent en faux contre le cours dominant.

Tout se passe donc comme s’il était organisé un grand lavage de cerveau par mass médias interposé, pour faire accepter au plus grand nombre - les salariés et les retraités - ce qui est martelé à longueur d'antennes comme étant une fatalité : l’austérité.

C’est là-dessus, aussi, que le changement de majorité était attendu.

Le changement c’était maintenant, mais maintenant il se fait attendre, tandis que les plans sociaux se succèdent comme jamais.

Il est vrai que les mots ne sont plus ceux de la haine ou ceux du mépris, quand bien même le gouvernement jusqu’alors semble avoir été plus sensible aux plaintes patronales et aux envolées des pigeons qu’aux attentes de salariés.

Quand le gouvenrnement va-t-il se décider à prendre réellement en compte le fait que les salariés ne sont pas un problème appelant au mieux des protocoles compassionnels, mais qu’ils sont l’essentiel des solutions?

Quand va-t-il enfin considérer que c’est avec de l’intelligence collective, avec de la mise en commun des propositions que l’on peut avancer.

Comment ne pas évoquer ici, comme un véritable déni de parole, le scandale de la décision, pour Petroplus, d’un tribunal de commerce tenant même pour nulles les perspectives de reprise dela raffinerie ?

On a entendu le Premier ministre sur France Inter, rendre un hommage appuyé aux cheminots. On a entendu aussi que l’État et les salariés seraient désormais représentés à la tête de PSA. On a entendu que  des représentants des salariés entreraient (minoritairement !) dans les conseils d’administrations  

On attend qu'il intervienne pour que l'on fasse plus de place aux représentants des salariés dans les médias.

On attend aussi que ce ne soient plus les seuls experts du Medef qui soient interrogés, et, par exemple, qu'ils ne soient plus les seules à tenir quotidiennement chronique sur les radios et télévisions aux heures de grande écoute (comme par exemple Dominique Seux sur France Inter !).

On attend que le pluralisme entre enfin à la radio et à la télévision. 

 

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