Retraites: tentatives d'attaques rétroactives au Portugal
2013-graffiti-a-lisbone.jpgAu Portugal, le gouvernement envisage à partir de 2014 de :
  • => Baisser jusqu'à 10% le montant des retraites des fonctionnaires supérieures à 600 euros,
  • => Repousser à66 ans l'âge légal de départ à la retraite pour tous les salariés.

Fin juillet, le parlement avait déjà approuvé l'allongement de l'horaire de travail des fonctionnaires, qui passe de 35 à 40 heures hebdomadaires. Par ailleurs, le gouvernement doit lancer à partir de septembre un programme visant à réduire d'environ 30.000 le nombre de fonctionnaires sur un total de près de 700.000.

Les annonces de coupes dans les retraites font actuellement l'objet de pseudos négociations avec les syndicats. Elles s'inscrivent dans le cadre d'une réforme de l'Etat que le Portugal s'est engagé à soumettre à ses créanciers, pour permettre de réduire les dépenses publiques de 4,7 milliards d'euros. C’est prétendument pour assurer l'avenir des retraites, et établir un pseudo « principe d'équité » entre les fonctionnaires et les salariés du privé, que le gouvernement prend ces mesures, a souligné Helder Rosalino, secrétaire d'Etat à l'Administration publique. Ce discours confirme que les mêmes logiques antisociales sont à l’œuvre aux quatre coins de l’Union européenne.

Tentative d'introduction du concept de "rétroactivité des lois"

La nouveauté est que ces coupes visant les retraites de la fonction publique, auront un effet rétroactif, et toucheront les retraités déjà partis en retraite. Rappelons que la rétroactivité des lois est un principe en complète violation avec les « droits de l’homme ». Instaurée en France sous Pétain et le fascisme, elle fut abolie à la Libération. Le principe de la non-rétroactivité d’une loi se base sur l’idée que « nul n’est sensé ignorer la loi ».

L'économie portugaise, qui est entrée dans sa troisième année de récession, devrait se contracter une nouvelle fois de 2,3% cette année, selon les prévisions officielles.

Plus les coupes budgétaires et des hausses d'impôts sans précédent se multiplient et plus la dette publique du Portugal augmente. Elle équivaut déjà à 120% du PIB, alors que le déficit public était de 10,6% à la fin mars.

La récession économique est énorme (-2,3%) et le chômage record (18%) continue d’augmenter. En conséquence, moins les impôts et les taxes rentrent dans les caisses de l’Etat. En conséquence, récession et crise ne sont qu’un prétexte à la baisse des retraites et des acquis sociaux.

Une nouvelle fois le gouvernement fait miroiter une timide relance en 2014, à 0,6% du PIB, mais ces mesures devraient se traduire par une nouvelle baisse de la consommation, donc de la production, donc à un accroissement de la dépression et du chômage.

C’est un cercle vicieux !

Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la politique d'austérité dictée par menée par les créanciers internationaux du Portugal. Le gouvernement agit sous leur tutelle en contrpartie d’un prêt de 78 milliards qui lui a été accordé en mai 2011et avec l’objectif de limiter le déficit budgétaire à 5,5% du PIB d’ici la fin de l’année, ce qui sera, bien évidement impossible tenir, et justifiera de nouvelles attaques contre les salariés.

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