Scandaleux ! La direction de Revima veut obtenir du personnel des heures supplémentaires non payées

 

La direction de l’entreprise de maintenance de trains d’atterrissage Revima à Caudebec-en-Caux n’a pas peur de la provocation. Elle veut obtenir des 340 salariés de nouveaux sacrifices qui prendraient la forme de trois heures supplémentaires hebdomadaires non payées et de l’abandon de RTT et de congés pour les cadres.
Décidément le patronat se sent pousser des ailes pour s'attaquer aux rémunérations des travailleurs !

S'appuyant sur la loi sur la sécurisation de l’emploi, découlant de l’accord signé le 11 janvier 2013 par les organisations syndicales CFDT, CFTC et CGC, elle veut que les salariés effectuent 138 heures supplémentaires non payées, et que les cadres abandonnent 15 jours de RTT ou de congés, pour assurer la charge de travail qui est élevée, dans le cadre d'un nouveau plan d’économie qu’elle chiffre à 1,2 million dont 400.000 demandés au personnel.

Ce projet a été présenté au personnel dans une lettre ouverte, le 27 août.

La direction prétend que la situation financière de l’entreprise serait devenue « préoccupante » malgré « une augmentation d’activité récente ».

Or Revima est engagée dans un plan d’économies depuis fin 2012 pour prétendument réduire ses pertes en 2013, et de redevenir bénéficiaire en 2014. Mais malgré cela la situation aurait continué de se dégrader. La direction prétend que les pertes pourraient atteindre  4,5 à 5 millions euros en 2013, alors que l’entreprise, dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 50 millions d’euros, s’était engagée auprès des banques à les limiter à 3,4 millions. Elle a manifesté son intention de soumettre à référendum sa proposition.

Pour la CGT, ce n'est pas aux salariés de payer la note ! Le syndicat conteste les propositions de la direction et dénonce la direction qui s'avère incappable de gérer l'entreprise. L’action qu'il a mené avec les salariés en début d’année avait pourtant porté ses fruits avec la signature des nouveaux accords d’entreprise. Pour lui c’est clair, il n’acceptera pas ce qu'il a refusé avec les salariés lors du conflit en mars 2013, d'autant que le problème des salaires n’est toujours pas réglé.

Pour la CGT d’autres solutions existent, autres que celles proposées par la direction. Le gouvernement a créé la BPI (Banque Publique d’Investissements) avec une force de frappe de 40 milliards. Sa mission : consolider la trésorerie des entreprises, favoriser l’investissement, etc…

Le syndicat CGT REVIMA, l’Union Départementale CGT de Seine-Maritime et l’Union Syndicale des Travailleurs de la Métallurgie (USTM) CGT ont donc contacté les services de l’Etat et la Préfecture sur le sujet. En attente de réponse, le syndicat a déclaré reporter dans le même temps les négociations avec la Direction.
Si la direction persiste, la CGT fera appel aux salariés comme elle l'a fait en début d’année.

Les explications dans le reportage de France 3  de Raphaël Deh et Philippe Derouet (ci-dessous) avec l'interview de Joël Choulant, délégué syndical CGT, élu au CE

 

 

(REVIMA est une entreprise de l'Aéronautique, qui fabrique des trains d'atterrissage pour Airbus; elle est installée sur le site historique des anciens établissement LATHAM, pionnière de l'aviation, devenu SNCAN, puis REVIMA).

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