Cinéma: « Entrée du personnel », un film de Manuela Frésil.
Sortie nationale le mercredi 1er mai

 

bande annonce sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=_rUuQnwseQ8

Le documentaire de Manuela Frésil, “Entrée du personnel”, sort en salles le 1er mai prochain. Maintes fois salué dans les festivals internationaux, le film raconte les destins d'ouvriers, l'expérience du travail dans l'industrie de la viande.
Le film distribué par Shellac est soutenu par l'ACID, le GNCR et l'ACC en région Centre.

Manuela Frésil donne à voie et à entendre le travail dans les abattoirs, avec beaucoup d’intelligence et un dispositif qui respecte à la fois la parole des salariés et leur nécessaire anonymat dans un secteur où la répression est féroce.
« A l’origine de ce projet, il y a l’expérience sidérante de la visite d’un abattoir industriel, le plus grand de Bretagne. Je voulais voir l’outil, les procédures par lesquelles l’industrie agro-alimentaire qui nous nourrit, transforme les bêtes en viande. Le choc a été rude, dans un premier temps, je n’ai vu que les bêtes. » Nous dit Manuela Frésil dans sa note d’intention sur le film.
Après une introduction en douceur, bercé par le ballet des camions chargeant et déchargeant dans la brume du petit matin, le spectateur sera lui aussi saisi par ces images d’apocalypse. Et puis petit à petit notre regard se pose sur les femmes et les hommes, les gestes du travail, notre oreille accepte d’entendre ces récits de salarié-e-s. Tout y est des rêves, des bonheurs, des difficultés, de la pénibilité, de la maladie et de l’attachement au travail, à la vie avec les collègues, de la volonté de ne pas s’avouer vaincu.
« Au-delà du vertige que produit le lieu de l’abattoir, l’enjeu central de ce film, est bien la question du travail. Pour en rendre compte il faut mettre en rapport la chaîne, ce qu’on en voit, ce qu’on peut en filmer, avec cette parole des ouvriers. Le film se construit autour de ces deux pôles. D’un côté la rationalité et la modernité de l’usine à viande, le trouble produit par ce mode de transformation du vivant en matière inerte et consommable ; et de l’autre, le récit par les ouvriers de ce travail qui les détruit. »
C'est en ces termes que Manuela Frésil décrit l'intention qui préside à ce film. Et cela fonctionne. Ce documentaire donne à voir le quotidien de vies de labeur, les gestes du travail. Pas de commentaires sur la nécessité de transformer cela, ils ne sont pas nécessaires. Les mots et les images parlent d’elles-mêmes, elles nous percutent, nous interroge sur les moyens de reprendre la main sur les organisations du travail, nous invite à en écrire un second épisode où le travailleur comme le consommateur y retrouverait son compte.
Ne manquez pas ce film faites le connaître. Il le mérite !

Serge Le Glaunec,

Politique Culturelle Confédérale CGT, 263, rue de Paris 93 516 Montreuil Cedex, 01 55 82 82 26 ou 06 79  48 65 91   

 

culture@cgt.fr 

Retour à l'accueil