Médecins: forte hausse de la "prime pour soigner moins bien" (entre 5000 et 6000€ !) !

On a appris hier que les PDG du CAC 40 avaient vu leurs revenus exploser. L'austérité n'est donc pas pour tout le monde.

Mais, alors qu'on annonce de nouvelles baisses des remboursements et une austérité drastique pour les hopitaux et les personnels hospitaliers — qui ont, eux, leur salaire bloqué depuis l'époque Sarkozyblocage qui doit se poursuivre jusqu'en 2017 ! —, du coté des médecins ce n'est pas non plus l'austérité. 

Car en contrepartie du respect d’un certain nombre d’objectifs, les médecins bénéficient depuis deux ans d’une prime "à la [soit disant] performance". Cette prime de "rémunération sur objectifs de santé publique" (ROSP) a été introduite en 2012, en complément du paiement à l’acte. Liée à la performance des médecins généralistes elle a fortement augmenté cette année !

D’après le bulletin du 24 avril dernier de l’Agence fédérale d’information mutualiste (FNMF), elle est passée, en moyenne, de 4982 euros en 2012 à 5774 euros en 2013, soit une progression de 16 %. (payée donc par les assurés sociaux !)

C'est la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) qui l'a annoncé le 10 avril, sans que cela ne fasse l'objet de publicité de la part des grands médias, ni des journaux télévisés. Ce bonus, dont le montant varie pour chaque médecin en fonction du respect de "critères de bonnes pratiques", sera versé par l’assurance maladie à 85187 praticiens, ce qui représente un montant de 267 millions d’euros.

Vingt-six indicateurs ont été établis pour la déterminer: aucun d’eux n’est obligatoire, mais le respect de chacun permet au médecin d’acquérir des points.

L'AFIM cite par exemple que les praticiens sont incités à:
  • > prescrire moins d’antibiotiques
  • > prescrire plus de médicaments génériques,
  • > réduire les arrêts de travail,
  • > développer le dossier médical personnel (DMP),
  • > mais aussi, vacciner leurs patients âgés contre la grippe,
  • > etc.

D’après l’Assurance maladie, 60 % des objectifs ont été atteints cette année, soit une augmentation de 9 points par rapport à 2012. Un résultat qui s’explique par des progrès notables réalisés en matière de télétransmission, la maîtrise des prescriptions et le suivi des maladies chroniques.  

L'AFIM note qu’un sondage réalisé par BVA pour la Cnam, dont les résultats ont également été présentés le 10 avril, indique que près de 85 % des médecins interrogés ont fait évoluer leur pratique, ou sont désireux d’atteindre certains objectifs de la ROSP, alors qu’ils étaient moins de 65 % en 2008. Mais où est donc passé le Serment d'Hippocrate ?

Recul de la prévention !

L'AFIM signale dans le même article, qu'en revanche les objectifs concernant la prévention sont en recul, en particulier en matière de vaccination saisonnière ou de dépistage du cancer du sein et de l’utérus.

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